SUPERMOTO DES NATIONS : dans les coulisses de l’équipe belge

Le Supermoto des Nations de Sankt-Wendel a livré un résultat en dessous des ambitions belges, avec une 6e place pour l’équipe Senior et une 7e place pour les Juniors. Mais derrière ces classements se cache un week-end particulièrement riche en enseignements pour les six pilotes belges engagés.

Face à un plateau international d’un très haut niveau, sur un circuit physique et exigeant, chacun a dû composer avec ses propres difficultés : découverte de la piste, changement de moto, blessures, réglages, manque de roulage ou encore gestion de l’effort sur la durée des manches.

De Romain Kaivers, diminué par une blessure, à Roméo Fiorentino, de retour aux Nations, en passant par Evan Gourmet et les jeunes Valentin Durand, Lucas Fissette et Mattia Maimonte, tous ont vécu cette expérience différemment. Tous repartent toutefois de Sankt-Wendel avec des enseignements précieux et une vision plus précise du travail qui reste à accomplir pour se rapprocher des meilleures nations.

Nous avons recueilli leurs témoignages pour revenir sur leur week-end, leurs difficultés, leurs satisfactions et ce qu’ils retiennent de cette confrontation avec le niveau mondial.

Mais pour comprendre pleinement cette campagne belge, il fallait également donner la parole à celui qui était au cœur de la sélection et de sa préparation : Fred Fiorentino, team manager de l’équipe belge, qui revient sur ses choix, les moyens disponibles, les difficultés rencontrées et les pistes à envisager pour les prochaines Nations.

ROMAIN KAIVERS #25 : « On aurait pu faire cinquième »

Pilote de pointe de l’équipe belge Senior, Romain Kaivers a vécu un week-end loin d’être simple à Sankt-Wendel. Entre une moto difficile à mettre au point, la pression des Nations, un pouce encore douloureux depuis sa blessure de Battice et un orteil cassé dès les qualifications, le pilote TM a dû composer avec de nombreux paramètres.

« Les essais se sont bien passés, même si je n’ai pas eu facile à régler la moto. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j’ai été assez stressé tout au long du week-end. Je connaissais le circuit, mais il y avait eu un changement au niveau de la partie terre qui a un peu compliqué les choses. Et aux Nations, toutes les meilleures équipes étaient présentes, donc le niveau était vraiment très élevé. »

La qualification va rapidement compliquer davantage son week-end. Romain signe le neuvième temps, mais surtout chute dès le premier tour et se blesse à un orteil.

« Je termine neuvième de la qualification, mais je sauve un peu les pots cassés parce qu’au premier tour, je ne sais pas ce que je fais et je termine à terre ! Je me casse un orteil, ce qui a encore un peu chamboulé mon week-end, alors que j’étais déjà diminué au niveau du pouce depuis la semaine précédente. Je pense malgré tout que ma place était à peu près celle-là. Je ne suis pas vraiment un gars de chrono. »

En manche qualificative, un mauvais départ lié à un embrayage différent de celui utilisé en championnat de Belgique ne lui permet pas de retrouver immédiatement ses sensations. Il termine 11e.

« Je reste collé au départ à cause de l’embrayage qui n’était pas le même que sur ma moto en Belgique. Je fais ma course et termine 11e, mais je n’étais pas content de moi. Je n’avais pas du tout de rythme, j’étais très tendu et très crispé sans vraiment savoir pourquoi. Et avec l’orteil, je roulais vraiment avec le couteau entre les dents. »

Pour les manches du dimanche, l’équipe belge avait fait le choix de placer Romain systématiquement devant ses deux équipiers afin de limiter au maximum le nombre de points récoltés. Avec le système de classement des Nations, chaque position compte.

En première manche, Romain prend un départ correct après avoir pu modifier son embrayage, mais son début de course est rapidement perturbé.

« Au troisième virage, je me fais relever et je dois élargir ma trajectoire. Ensuite, un pilote tombe devant moi, ce qui me casse encore un peu le rythme. J’ai essayé de tenir les autres, mais je n’arrivais vraiment pas à me détendre. J’étais encore très stressé et je termine seulement 13e. »

Un résultat qui pèsera lourd au moment de faire les comptes. En seconde manche, le pilote TM va toutefois montrer un tout autre rythme.

« En seconde manche je prends un super départ et j’arrive à accrocher les meilleurs. Je fais toute la manche huitième, roue dans roue avec les deux pilotes devant moi. J’aurais même pu les passer, mais le circuit était assez monotrace et la partie terre s’était vraiment beaucoup dégradée. Malgré les deux trajectoires, il était pratiquement impossible de dépasser. »

Le pilote TM explique également avoir perdu énormément de temps dans cette section terre, alors que ses performances sur l’asphalte étaient nettement plus proches des meilleurs.

« Dans la partie terre, j’étais seulement 15e ou 16e pendant les manches, alors que dans la deuxième partie, uniquement sur l’asphalte, j’étais quatrième, à quelques centièmes seulement. Je perdais donc quasiment tout dans la terre. »

Au final, la Belgique termine sixième, à seulement trois points de la Suisse, cinquième. Avec un premier passage en course moins compliqué, Romain estime que le Top 5 était à portée de main.

« Je pense qu’on aurait pu faire cinquième. Mon mauvais résultat dans la première manche nous a fait perdre des points et nous ne sommes finalement qu’à trois points des Suisses. »

Malgré cette déception, Romain retient surtout l’engagement de ses équipiers et l’ambiance au sein du groupe belge.

« Je suis assez satisfait dans l’ensemble. Mes coéquipiers ont donné le meilleur d’eux-mêmes car ce n’était vraiment pas évident. Ça va très vite aux Nations et le niveau est vraiment élevé. »

Le pilote TM pointe toutefois les moyens encore limités dont dispose l’équipe belge, notamment en matière d’organisation, d’infrastructures et de budget. Cette année, quelques pneus avaient notamment pu être financés grâce au soutien de sponsors obtenu avec Fred Fiorentino.

« Malgré le manque d’organisation, d’infrastructures et de budget, nous avons quand même eu une super ambiance. Cette année, grâce à Fred, nous avions notamment pu avoir quelques pneus payés par des sponsors. C’est une bonne chose. »

Romain regrette cependant que les pilotes n’aient pas davantage pu partager le même environnement durant le week-end.

« Je trouve quand même dommage que nous n’ayons pas assez échangé entre nous. J’étais avec Evan dans un team, donc nous n’étions pas vraiment à côté des autres pilotes de l’équipe. Ça aurait été mieux d’être davantage ensemble. »

ROMEO FIORENTINO #26 : « Représenter son pays, c’est toujours exceptionnel »

Pour Roméo Fiorentino, ce Supermoto des Nations de Sankt-Wendel était avant tout un retour au niveau mondial. Sa dernière participation remontait à 2024 et, pour l’occasion, il devait également composer avec une nouvelle monture, une Honda de prêt après avoir roulé toute la saison sur une KTM.

« J’étais forcément un peu stressé en arrivant, avec la crainte de ne pas être à la hauteur. Il fallait aussi adapter la Honda au circuit et à mon pilotage. Heureusement, même si le tracé avait peu changé au niveau de la partie terre, j’ai assez vite retrouvé mes repères. »

Avec 21 pilotes au départ, Roméo s’était fixé un objectif clair pour les qualifications : le Top 15.

« En regardant les noms, je m’étais dit qu’un Top 15 serait bien. Quand j’avais roulé au Championnat du Monde auparavant, je me battais avec certains de ces pilotes et je voulais au minimum être dans leurs temps. »

Roméo signe rapidement un chrono intéressant avant de vouloir trop en faire.

« Comme je voulais absolument améliorer mon temps, j’ai commencé à forcer sur l’asphalte. Or, il faut être très fluide pour aller vite. J’ai commencé à rouler carré et j’ai eu plus de mal à descendre mes chronos. »

Avec le 17e temps, le pilote du Club de Mettet reste toutefois dans le rythme et décroche ensuite la 15e place de la course qualificative.

Une première manche pleine de promesses

Parti depuis la 13e position pour la première manche, Roméo va réussir un départ exceptionnel.

« J’arrive vraiment à bien m’en sortir et, à l’entrée de la terre dans le premier tour, je suis quatrième ! Je n’en croyais pas mes yeux, mais je suis resté concentré sur mon objectif. »

Pendant plusieurs tours, il tient le rythme et entrevoit même la possibilité d’un résultat dans le Top 10. Mais une erreur à la sortie de la partie terre va changer le scénario.

« Mon repose-pied a accroché une bordure à l’intérieur du virage, l’arrière s’est soulevé et j’ai perdu l’arrière. Je suis tombé en plein milieu de la trajectoire et les pilotes passaient à gauche et à droite de moi. Il a fallu se mettre rapidement en sécurité avant de repartir. »

Reparti aux alentours de la 18e place, Roméo doit alors puiser dans ses réserves et parvient finalement à remonter jusqu’à la 16e place.

Une dernière manche à l’image du week-end

Pour la seconde manche, Roméo espérait reproduire son départ de la première. Mais cette fois, le scénario est inverse.

« J’ai voulu refaire le même extérieur dans les deux premiers virages. Plusieurs pilotes se sont relevés à l’intérieur et un autre m’a accroché le guidon. J’ai réussi à rester sur mes roues, mais je suis parti hors du circuit et je suis revenu quasiment dernier. »

Commence alors une nouvelle remontée, avec notamment un duel intéressant avec le Suisse Tschupp.

« Je sentais que j’étais plus rapide que lui, mais c’est un vieux briscard : il fermait très bien les portes et était également rapide dans la terre. Je n’ai jamais réussi à trouver l’ouverture. »

Roméo a également pu observer le travail collectif de la délégation suisse, qui aura finalement terminé devant la Belgique de quelques points.

« Un autre Suisse était tombé en début de manche. Il est revenu sur nous, a trouvé l’ouverture sur moi et j’ai ensuite bien vu que Tschupp l’avait laissé passer. C’était très intéressant de voir leur travail d’équipe. »

Avec une 15e place dans cette dernière manche, Roméo termine son week-end avec le sentiment du devoir accompli, même s’il estime pouvoir encore améliorer ses chronos.

« Il faut créer davantage cet esprit collectif »

Au-delà de son résultat personnel, Roméo retient la bonne entente entre les trois pilotes belges. Il estime toutefois que l’équipe pourrait encore renforcer sa préparation collective.

« Romain, Evan et moi, nous nous entendions tous très bien. Je pense que ce serait intéressant d’organiser des entraînements tous ensemble avant les Nations, pour apprendre à rouler ensemble, se donner des conseils et vraiment créer cet esprit collectif. »

Il aimerait également voir les trois pilotes davantage réunis au sein du paddock, plutôt que chacun avec sa structure respective.

Avec son expérience du Championnat d’Europe, du Championnat du Monde et désormais cinq participations aux Nations, Roméo avait aussi un rôle de transmission auprès du plus jeune de l’équipe.

« J’espérais évidemment un peu mieux pour moi, mais mon rôle était aussi de partager mon expérience avec Evan. Et franchement, ce qu’il a fait était vraiment bien. Il roulait juste derrière moi, dans mes chronos, alors qu’il passait d’une 250 à une 450. Et il n’a que 18 ans. Respect à lui. »

Enfin, au-delà des résultats, Roméo retiendra surtout l’ambiance unique de Sankt-Wendel.

« La cérémonie du dimanche m’a vraiment marqué. Toutes les nations qui défilent, les spectateurs qui sont là pour nous encourager… C’est impressionnant à vivre. Et le public est tellement proche de la piste que cela me fait penser au Superbiker. Ça nous porte vraiment. »

Une expérience que Roméo souhaite déjà renouveler.

« Représenter son pays dans une course pareille, c’est toujours exceptionnel. Je suis motivé pour faire un bon résultat dans le championnat national l’année prochaine afin de pouvoir être à nouveau sélectionné pour les Nations. »

EVAN GOURMET #27 : « Je sais maintenant ce que je dois vraiment travailler »

Pour Evan Gourmet, cette première expérience du Supermoto des Nations s’est déroulée dans un contexte particulier. Le pilote Honda découvrait totalement le circuit de Sankt-Wendel et disposait de peu de roulage avec la 450 puisqu’il roule le Championnat de France en 250.

« Les essais libres se sont bien passés. Je devais découvrir la piste puisque je n’avais jamais roulé ici. C’était un circuit assez particulier, plutôt typé Superbiker, avec ce côté urbain. La moto n’était pas vraiment réglée pour ce genre de piste, mais on a quand même réussi à faire pas mal de réglages pendant les essais libres et encore pendant la qualification. »

Face au niveau international, Evan a rapidement constaté que la marche était importante, particulièrement dans la terre.

« Je savais que le niveau allait être très élevé puisque c’est le mondial, donc c’est normal, mais c’était quand même impressionnant dans la terre. »

La qualification se passe correctement, mais le pilote belge reste sur sa faim.

« Je suis moyennement satisfait de mes chronos et de ma position parce que je pense que j’aurais largement pu faire mieux. J’étais trop crispé dans la terre. J’ai essayé de faire plus que ce que je savais faire et, au final, ça a fait pire que bien. »

Parti 20e dans les deux manches, Evan va progressivement trouver son rythme. En première manche, il profite également des nombreuses erreurs et chutes pour remonter jusqu’à la 17e place.

« La première course s’est bien déroulée. J’ai été un peu surpris par le nombre d’accrochages et de chutes, aussi bien au départ que pendant la course. Il y avait beaucoup de pilotes qui faisaient des erreurs. De mon côté, j’ai essayé d’accrocher le groupe devant moi. C’était très compliqué de suivre, mais je me suis accroché et je voyais mes temps s’améliorer progressivement. C’était donc positif malgré tout. Je termine 17e en étant parti 20e. »

La deuxième manche confirme cette progression. Malgré un nouveau départ depuis la 20e position, Evan améliore encore ses chronos et signe son meilleur temps du week-end.

« Dans la deuxième manche, tout s’est également bien passé. Il y a encore eu énormément de chutes et d’accrochages. De mon côté, j’ai continué à travailler sur mon rythme et j’ai réussi à améliorer encore mes temps. Je pense même avoir réalisé mon meilleur chrono du week-end. »

Il termine 16e et retient surtout sa régularité.

« Dans les deux manches, j’ai réussi à tenir mon rythme du début à la fin. Ça, c’est très positif. J’ai été très régulier et je termine 16e de cette deuxième manche. »

Un circuit très technique

Evan revient également sur les spécificités du tracé de Sankt-Wendel, notamment sur la partie asphaltée qui comportait plusieurs changements de revêtement et de nombreux raccords.

« C’était une piste particulière puisque c’est un circuit urbain. Sur l’asphalte, il y avait beaucoup de raccords, une parabole, plusieurs surfaces différentes. À certains endroits, on perdait l’avant et la moto bougeait beaucoup. Il y avait également des pavés, donc on n’avait pas uniquement de l’asphalte. Selon les endroits, ça glissait ou, au contraire, on avait davantage de grip. C’était assez technique, mais vraiment sympa à rouler. »

La partie terre lui a en revanche posé davantage de problèmes.

« Pour ma part, je trouvais la terre un peu dangereuse. Elle glissait beaucoup à certains endroits et il y avait de la poussière, donc par moments on ne voyait pas très bien. Il y avait aussi beaucoup de trous et les appuis se sont vraiment dégradés au fil du week-end. Si on allait un peu trop loin dans l’appui, on en sortait, et sous la pluie, si on descendait un peu trop bas, on perdait l’avant. C’était très complexe et beaucoup de pilotes sont tombés dans cette partie. »

« Ici, il faut être rapide partout »

Cette expérience lui a surtout permis de mesurer la différence avec les championnats belge et français.

« Au niveau international, tous les pilotes sont très rapides aussi bien sur l’asphalte que dans la terre. En Belgique ou en France, on peut encore faire la différence si on est meilleur dans une des deux parties, ici, tout le monde est très rapide partout. »

Et le rythme ne faiblit pas au fil des tours.

« Le rythme est très élevé du début à la fin. Et j’ai même l’impression qu’il augmente au fur et à mesure que la course avance. C’est donc très difficile à suivre. »

Evan porte également un regard positif sur la prestation collective.

« J’étais très content de rouler pour l’équipe belge. J’appréhendais un peu parce que je ne connaissais pas la piste et que j’avais eu très peu de roulage avec la 450. Au final, ça s’est bien passé. Il m’a simplement manqué beaucoup de vitesse dans la terre. »

Pour lui, l’un des axes d’amélioration est clair : permettre aux trois pilotes de se préparer ensemble en amont de l’épreuve.

« Ce qui aurait pu être fait, c’est d’avoir des journées d’entraînement avec toute l’équipe avant les Nations. Cela aurait vraiment facilité les choses et nous aurait permis d’être mieux préparés pour cette course. »

L’asphalte comme point fort, la terre comme chantier

Sur le plan personnel, le bilan reste toutefois mitigé pour le pilote belge, principalement en raison de ses difficultés dans la partie terre.

« Je suis moyennement satisfait. Ça a été très compliqué pour moi dans la terre, je n’étais pas assez rapide. C’est notamment dû au manque de roulage avec la moto. »

Mais son week-end lui a aussi permis d’identifier clairement son point fort.

« Ce que je retiens de ma performance, c’est que j’ai été très rapide sur l’asphalte. Je l’ai vu avec des pilotes du mondial qui étaient devant au classement général : j’étais finalement assez proche d’eux uniquement sur cette partie. Ça, j’en suis très satisfait. »

Un moment précis lui a permis de mesurer cette vitesse.

« Un moment qui m’a particulièrement marqué, c’est quand Schmitt m’a passé dans le dernier virage de la terre. J’ai ensuite réussi à le suivre pendant toute la partie asphaltée. Ça m’a reboosté et ça m’a surtout montré que ce que je dois vraiment travailler, c’est la terre. Sur l’asphalte, je suis déjà très rapide. »

Une première expérience internationale qui laisse donc Evan Gourmet avec une idée claire du travail à effectuer.

« La seule chose que je retiens de cette édition, c’est que malgré les circonstances un peu compliquées dans lesquelles nous sommes arrivés avec l’équipe, nous nous sommes quand même bien débrouillés. Je suis sûr que si nous sommes mieux préparés l’année prochaine, il y a moyen de faire de meilleurs résultats. »

VALENTIN DURAND #128 : une première expérience mondiale pleine d’enseignements

Pour Valentin Durand, ce Supermoto des Nations représentait une expérience particulièrement enrichissante. Pilote Honda Luc1 au sein de l’équipe Junior belge, il a progressivement pris ses marques à Sankt-Wendel avant de terminer le week-end sur une belle 9e place en seconde manche.

« C’était une super expérience. J’ai appris énormément de choses durant ce week-end. »

N’ayant pas roulé le vendredi, Valentin a dû attendre les premières séances du samedi pour découvrir réellement le rythme et les spécificités du tracé allemand.

« J’ai eu un peu de mal au début parce que je n’avais pas roulé le vendredi et qu’il fallait le temps de se remettre dedans. Mais j’avais déjà de bonnes sensations avec la moto et avec la piste. »

Les qualifications sont ensuite venues avec leur lot de difficultés.

« Les essais chronos ont été un peu compliqués parce que j’ai été gêné dans mes tours, mais je termine 15e et je suis quand même satisfait. »

Une belle remontée en première manche

Valentin confirme rapidement ses capacités au départ de la première manche, même si un accrochage dans le premier virage vient perturber ses ambitions.

« Je pars super bien, mais il y a un accrochage dès le premier virage qui me fait perdre beaucoup de places. »

Le pilote Honda ne baisse pas les bras et remonte jusqu’à la 14e position.

« J’ai réussi à remonter jusqu’à la 14e place et à assurer cette position jusqu’à l’arrivée. J’ai réalisé de beaux dépassements et c’était une très belle remontée. »

Un Top 10 mondial pour conclure

La deuxième manche va encore davantage mettre en évidence les progrès réalisés durant le week-end. Parti depuis la 7e position sur la grille, Valentin réalise une nouvelle fois un excellent départ et pointe immédiatement à la 5e place.

« Je pars 7e sur la grille et je suis 5e au premier virage. Encore un très beau départ. J’ai réussi à maintenir cette position pendant cinq ou six tours. »

Une erreur lui fait ensuite perdre deux places, avant que les leaders, remontés après être tombés au départ, ne viennent lui mettre davantage de pression.

« Je me retrouve 7e et les leaders du classement remontent sur moi. Avec la pression, je commets ensuite une grosse erreur dans la partie terre et je me retrouve 9e. »

Une position qu’il conservera jusqu’au drapeau à damier pour décrocher son premier Top 10 mondial.

« Je suis super satisfait de cette manche. J’ai appris beaucoup de choses, notamment sur la gestion de la pression et l’importance de la régularité. »

Un résultat qui vient aussi récompenser plusieurs mois de travail physique.

« Cette régularité, je l’ai travaillée physiquement depuis plusieurs mois. Voir tout ce travail enfin payer me donne énormément confiance. »

Et Valentin ne compte évidemment pas s’arrêter là. Le prochain rendez-vous est déjà en ligne de mire : le Superbiker de Mettet.

« Maintenant, place au Superbiker. Je suis plus que déterminé à montrer de quoi je suis capable. »

LUCAS FISSETTE #129 : une première expérience mondiale riche en enseignements

Pour Lucas Fissette, ces Nations de Sankt-Wendel représentaient une première expérience au niveau mondial. Dès les premiers essais libres, le pilote Yamaha a rencontré des difficultés avec une 450 qu’il découvrait en Allemagne. Les réglages de suspension n’étaient pas adaptés et Lucas manquait de confiance. Une chute dans le premier essai allait encore compliquer les choses, avec une poignée de gaz ensuite bloquée par le protège-main.

La situation va heureusement évoluer après une importante intervention sur les suspensions.

« Serge, mon mécano, m’a dit que la moto était vraiment très mal réglée. Il n’y avait même pas de négatif à l’amortisseur arrière. Il a tout réglé et quand je suis remonté dessus le samedi matin, ce n’était plus du tout la même moto. »

Lucas va néanmoins continuer à chercher la meilleure solution et décide de repasser sur sa 250. Ses chronos sont finalement similaires à ceux réalisés avec la 450, mais le comportement de la petite cylindrée lui redonne davantage confiance.

« Ça m’a remotivé. Je me suis dit que si je voulais faire ma première course en mondial, il fallait que je la fasse avec la 250. »

Les essais qualificatifs se déroulent donc avec la 250 et Lucas peut progressivement retrouver ses sensations. Il reste toutefois conscient de son manque d’expérience dans la partie terre, particulièrement technique à Sankt-Wendel.

En première manche, parti de la 14e position, il réalise un bon départ et parvient à tenir un rythme intéressant en début de course. Mais la difficulté du week-end va rapidement devenir évidente : le physique.

« À la fin de la manche, j’étais complètement mort. Mes chronos augmentaient, j’avais les doigts endormis pour le frein avant et je n’avais plus de force. »

Pour la seconde manche, de nouveaux réglages sont effectués afin de réduire le dribbling, mais la moto se montre à nouveau difficile à exploiter, avec beaucoup de mouvements de l’avant et un arrière qui décroche à l’accélération.

Parti de la 21e place, Lucas va pourtant réaliser une belle remontée. Profitant notamment d’une chute au premier saut, il se retrouve rapidement neuvième avant que les pilotes du championnat du monde ne reprennent progressivement le dessus.

« Je suis quand même très content de ce que j’ai accompli. J’ai terminé toutes mes manches, je suis allé jusqu’au bout du week-end sans blessure et sans casse. Ce n’était pas un week-end parfait, mais je suis très content malgré tout. »

Une véritable prise de conscience

Au-delà du résultat, cette première confrontation avec le niveau mondial aura surtout permis à Lucas de mesurer le travail qui lui reste à accomplir. Le circuit de Sankt-Wendel, très physique avec ses nombreux changements d’angle et de revêtements, lui a notamment montré l’importance de la préparation physique.

« J’ai pris une claque en me disant qu’ici, tu es au mondial. Sans vraie préparation physique, ça ne marche pas comme en Belgique. »

Son coach Kevin Viellevoye, qui a suivi son week-end à distance, l’a également accompagné dans les moments plus difficiles. Cette expérience lui a fait prendre conscience que le passage du championnat de Belgique au niveau mondial demande un investissement bien plus important.

« Si je veux jouer dans le top cinq mondial, il faut que je travaille plus dur et que je ne m’arrête pas. Quand tu veux arriver à quelque chose dans le monde de la moto, il faut que ça devienne une très grosse partie de ta vie. »

Une équipe belge soudée

Lucas retiendra également la très bonne cohésion au sein de l’équipe belge. Tous les pilotes étaient disponibles pour partager leurs informations et s’entraider. Après les séances, le groupe analysait notamment les trajectoires, les freinages et les passages.

« Tous ces petits détails te font progresser tout au long du week-end. Ça m’a aidé à gagner presque cinq secondes sur l’ensemble du week-end, ce qui est quand même pas mal. »

Une expérience qu’il doit aussi à Fred Fiorentino, qui lui a donné sa chance après avoir suivi sa progression en championnat de Belgique.

Cette sélection lui aura permis de mieux cerner les exigences du très haut niveau. Lucas sait désormais ce qu’il doit travailler durant l’hiver : la préparation physique, le motocross et l’expérience de la terre.

Il envisage déjà de participer à plusieurs manches du championnat de France, voire à l’intégralité du championnat, ainsi qu’à quelques épreuves mondiales si l’occasion se présente. Avec, en ligne de mire, une nouvelle sélection aux Nations l’année prochaine, mais cette fois avec une préparation bien plus poussée.

MATTIA MAIMONTE #130 : une expérience internationale riche en enseignements

Pour Mattia Maimonte, ce Supermoto des Nations constituait une nouvelle occasion de se mesurer au niveau international. Le pilote belge a rapidement trouvé ses marques, même si la partie terre du tracé de Sankt-Wendel lui a donné davantage de fil à retordre.

« J’avais de bonnes sensations avec la moto et je me sentais plutôt bien sur la piste. Par contre, j’avais un peu de mal dans la partie terre. Le circuit était assez technique et difficile à maîtriser, mais j’ai vraiment pris du plaisir. »

En qualifications, Mattia signe le 16e temps dans une séance particulièrement serrée.

« J’étais content de mes chronos et de mon ressenti. Le classement était très serré : il me manquait seulement une seconde pour gagner plusieurs places. Je reste donc satisfait de ma performance. »

Une première manche difficile

Pour la première manche, le choix est fait de partir depuis la dernière position. Mattia réalise toutefois un bon début de course en gagnant plusieurs places dès le premier virage.

« Le rythme était vraiment impressionnant, tout comme la vitesse dès le premier tour. J’ai réussi à remonter quelques places, mais j’ai malheureusement chuté en essayant de garder le contact avec le Top 10. »

Il termine finalement 19e.

La deuxième manche lui permet de montrer un autre visage. Parti depuis la 14e position, il doit une nouvelle fois composer avec un incident dès le premier virage, mais parvient à effectuer une remontée régulière.

« Une chute s’est produite devant moi au premier virage et quelques pilotes ont pu passer. Malgré ça, j’ai réussi à remonter au fil de la manche. Je me suis senti à l’aise sur la piste et je termine 16e. »

« On voyait clairement qu’on était face à des pilotes professionnels »

Au-delà de ses résultats, Mattia retient surtout le niveau particulièrement élevé rencontré à Sankt-Wendel.

« Le niveau était vraiment très élevé. J’ai été impressionné par le niveau des pilotes et leur rythme de course. Ils attaquent très fort dès le départ et arrivent à maintenir cette intensité pendant toute la manche. C’était très compliqué de suivre. On voyait clairement qu’on était face à des pilotes professionnels. »

Il retiendra également l’ambiance au sein de la délégation belge.

« Avec mes coéquipiers, juniors comme seniors, on s’entendait super bien. Il y avait une très bonne ambiance, on se donnait des conseils et on s’entraidait tout au long du week-end. Même avec les autres équipes, les relations étaient très bonnes et tout s’est déroulé dans un bel esprit sportif. »

Parmi les moments forts du week-end, la cérémonie de présentation des nations occupe évidemment une place particulière.

« C’était un moment fort et impressionnant de représenter son pays aux côtés des autres pilotes internationaux. »

Une expérience qui lui permet surtout d’identifier clairement les domaines à travailler pour la suite.

« Je dois encore progresser physiquement, améliorer mon rythme de course et travailler ma technique dans les passages en terre. Cela me permettra de progresser et d’être mieux préparé pour l’année prochaine. »

FRED FIORENTINO, le team manager : « On est allés à la guerre avec un canif »

Derrière les résultats de l’équipe belge au Supermoto des Nations de Sankt-Wendel, il y avait aussi une réalité beaucoup moins visible : celle d’une sélection construite dans l’urgence, avec des moyens limités et plusieurs changements de dernière minute. Team manager de l’équipe belge, Fred Fiorentino revient sur la préparation, le choix des pilotes, les objectifs et les enseignements de cette édition.

« C’est toujours compliqué de constituer les équipes. Le gros souci, c’est toujours le budget. La FMB m’avait d’abord demandé de ne faire qu’une équipe Junior parce que le budget octroyé reste limité par rapport aux autres nations. »

Par discrétion, on ne donnera pas de chiffres, mais une grande partie du budget était déjà absorbée par les engagements et les assurances des pilotes. Restait à financer les déplacements, logements, nourriture, pneus, équipements et toute la logistique.

Le choix s’est finalement porté sur deux équipes. Chez les Juniors, Fred Fiorentino a privilégié la jeunesse et la formation, conformément à la demande de la fédération. Valentin Durand, Lucas Fisette et Mattia ont ainsi été retenus.

« Je savais qu’en Junior, on n’avait pas beaucoup de chances d’avoir un podium. L’objectif était plutôt de prendre des jeunes et de leur permettre d’emmagasiner de l’expérience. »

La constitution du team Senior a été beaucoup plus mouvementée. Plusieurs pistes sont tombées à l’eau, notamment avec les forfaits de Noah Champagne puis de Kevin Viellevoye, blessé deux semaines avant l’épreuve. Il a finalement fallu revoir complètement la composition de l’équipe.

Romain Kaivers, déjà considéré comme un élément incontournable, a finalement été rejoint par Roméo Fiorentino et Evan Gourmet.

Un objectif : Top 5

Avant de partir pour l’Allemagne, Fred Fiorentino ne nourrissait pas d’illusions sur les possibilités de l’équipe belge. Face à des nations disposant de pilotes régulièrement engagés au niveau mondial ou européen et bénéficiant de structures beaucoup plus importantes, le défi était conséquent.

« Moi, j’espérais être à la place de l’Italie. Être dans le Top 5, ça aurait vraiment été top. »

La Belgique devait notamment composer avec un manque de roulage international.

« On n’a plus le rythme du championnat du monde. Le problème, c’est qu’il n’y a plus beaucoup de pilotes belges qui roulent au niveau mondial. Quand tu quittes le championnat du monde, tu vois immédiatement la différence de rythme. »

Une préparation dans l’urgence

L’un des principaux enseignements de cette édition concerne justement la préparation. La composition des équipes s’est décidée tardivement, compliquant la possibilité d’organiser des entraînements communs. Pourtant, une séance organisée le vendredi à Sankt-Wendel a permis à cinq des six pilotes de découvrir ou de retrouver le circuit avant les véritables essais.

« Cinq des six pilotes sont venus rouler le vendredi et ça leur a fait du bien. Même Roméo m’a dit que ces deux séances de quinze minutes lui avaient fait du bien pour prendre la moto en main. »

Pour Fred Fiorentino, c’est clairement une piste à retenir pour l’avenir.

« Ce qu’on peut améliorer, c’est que la fédération et le manager organisent une ou deux rencontres. Une journée d’entraînement et peut-être un petit souper, quelque chose pour créer une vraie cohésion d’équipe. »

Il cite notamment les équipes françaises et italiennes, qui disposent de journées de préparation communes avant les Nations.

« Ils ont pris une fameuse leçon »

Sur la piste, les pilotes belges ont montré de bonnes choses, notamment dans les départs et la régularité. Mais le circuit très physique de Sankt-Wendel a également mis en évidence le manque d’expérience de certains jeunes pilotes.

« Je leur ai dit : les gars, c’est bien, je ne vous demandais pas de faire Top 5. Je vous demandais de tenir votre place et de ne pas tomber. »

La gestion physique a notamment posé problème aux deux plus jeunes pilotes de l’équipe Junior.

« Sur les 18 tours, j’ai regardé les derniers tours et ils tournaient beaucoup moins vite. Ils se mettent en verrouillage musculaire. À un moment, le rythme et le cardio sont tellement élevés que tu ne ventiles plus suffisamment. »

Pour Fiorentino, cette expérience constitue néanmoins une étape importante dans leur apprentissage.

« Ils ont pris une fameuse leçon. Je leur ai dit que ce n’était pas seulement rouler en moto. Il faut aussi travailler le cardio, faire du vélo, courir, aller à la piscine… Tout ça, c’est pour eux. »

Une satisfaction malgré la 6e place

La Belgique termine finalement 6e chez les Seniors et 7e chez les Juniors, un résultat inférieur aux ambitions initiales mais que Fred Fiorentino analyse surtout sous l’angle de la progression et de la régularité.

« J’ai regardé la régularité des pilotes et leur constance. Ils ont pris de super départs et ils avaient la condition. Roméo a même réalisé certains de ses meilleurs chronos dans les derniers tours. »

Il insiste également sur les aspects qui prennent toute leur importance sur une épreuve de ce niveau : aucune grosse chute, aucune casse mécanique et aucune pénalité.

« Je suis satisfait de l’organisation, pas de gros bobos, pas de casse moteur et aucune pénalité. »

Une satisfaction d’autant plus importante que la Belgique évoluait avec une structure nettement plus légère que certaines grandes nations.

« Quand tu vois les structures des Suisses, des Allemands, des Français ou des Italiens, c’est un autre monde. Ils ont des kinés, des ostéos, de l’hospitality, les pneus, les combinaisons… Nous n’avons pas les mêmes structures ni les mêmes moyens, mais sur la piste, nous défendons nos couleurs avec les armes dont nous disposons. »

Une équipe avant tout

Au-delà du résultat sportif, Fred Fiorentino voulait également construire une véritable équipe. Les pilotes ont été encouragés à rouler ensemble, à échanger leurs trajectoires et à s’entraider.

« Quand tu constitues une équipe comme ça, il faut une cohésion et une super bonne ambiance. C’est complètement différent d’une course normale. Les pilotes doivent s’aider et plus ils restent ensemble, mieux c’est. »

Pour lui, cet aspect devra être davantage travaillé à l’avenir.

« Il faut créer une ambiance et une cohésion avant les Nations. Une ou deux journées d’entraînement ensemble, un repas… Il faut que les pilotes apprennent à se connaître avant d’arriver sur le circuit. »

« Je n’ai rien à me reprocher »

Au terme du week-end, malgré une 6e place chez les Seniors et une 7e chez les Juniors, Fred Fiorentino estime avoir rempli sa mission compte tenu des moyens disponibles.

« Moi, je n’ai rien à me reprocher. Ils m’ont tous félicité. »

Chaque pilote est notamment reparti avec une partie de l’équipement et du matériel nécessaires, tandis que des partenaires ont permis de compléter un budget qui, au départ, était particulièrement limité.

« J’ai fait avec ce que j’avais. »

Une phrase qui résume finalement assez bien cette campagne belge à Sankt-Wendel. Le résultat ne correspondait pas aux ambitions du départ, mais cette édition aura permis à plusieurs jeunes pilotes de découvrir le niveau international, tout en mettant en évidence les domaines dans lesquels la Belgique devra progresser pour réduire l’écart avec les meilleures nations.

Ces Nations auront également une saveur particulière pour Fred Fiorentino. Elles viennent en quelque sorte refermer un chapitre de sa carrière : après avoir décidé d’arrêter ses participations comme pilote au Championnat de Belgique, Fred souhaite désormais consacrer son temps à son école Supermoto et à son magasin. Il ne devrait donc pas poursuivre l’aventure en tant que team manager, mais ne souhaite pas pour autant tourner complètement la page des Nations.

Son expérience pourrait encore profiter à la prochaine équipe belge, notamment dans la préparation et la création d’une véritable cohésion de groupe avant le rendez-vous de Cahors, en France.

« Mettre la cohésion au niveau de la formation et aider à préparer l’équipe, ça ne me dérangerait pas. »

Rendez-vous à Mettet

Après Sankt-Wendel, les regards se tournent désormais vers le Superbiker de Mettet, prochain grand rendez-vous pour plusieurs des pilotes belges engagés aux Nations.

Classement final – Seniors

  1. France – 24 points
  2. République tchèque – 26 points
  3. Allemagne – 31 points
  4. Italie – 35 points
  5. Suisse – 65 points
  6. Belgique – 68 points
  7. Pologne – 92 points

Classement final – Juniors

  1. France – 14 points
  2. Allemagne – 25 points
  3. Suisse – 37 points
  4. Italie – 61 points
  5. Finlande – 66 points
  6. Autriche – 68 points
  7. Belgique – 72 points