ENDURO DE SAINT-HUBERT | Willems s’impose face aux retours de Warenghien et Damiaens

Willems s’impose au terme d’un enduro très apprécié

Avec un tracé initial limité à un peu plus de 40 kilomètres et seulement 118 engagés à quelques jours de l’épreuve, le rendez-vous de Saint-Hubert semblait pourtant mal embarqué. Finalement, les pilotes ont répondu présents et l’organisation a pu compter sur une DNF particulièrement conciliante, autorisant une extension du parcours à plus de 70 kilomètres. Une souplesse qu’il convient de saluer tant l’épreuve ardennaise reste emblématique dans le paysage belge.

Photo : Laura Ciancabilla

Il faut dire que Saint-Hubert, capitale européenne de la chasse, possède une identité unique dans le championnat. Entre ses longues liaisons en forêt, son terrain typiquement ardennais et l’expérience du club MP41 — déjà organisateur d’une manche du Championnat du Monde par le passé — l’épreuve conserve une aura particulière auprès des pilotes. Au final, plus de 270 concurrents ont pris le départ dans les magnifiques chemins de la province du Luxembourg, offrant finalement une édition bien plus réussie que ce que l’on pouvait craindre quelques jours auparavant.

Deux spéciales saluées par l’ensemble du paddock

Côté chronos, deux spéciales figuraient au programme. La première, située au Bois du Pendu, reste un grand classique du rendez-vous de Saint-Hubert. Déjà utilisée à l’époque du mondial, cette spéciale mythique continue de séduire pilotes et spectateurs grâce à son tracé rapide, technique et très naturel. La seconde, tracée du côté du canal, avait quant à elle été entièrement revue pour cette édition.

Photo : Laura Ciancabilla

Plus moderne, variée et technique, elle a fait forte impression auprès de nombreux pilotes, certains n’hésitant pas à la comparer à des spéciales de championnat de France voire de mondial. Au total, les meilleurs pilotes auront dû avaler un peu plus de 21 minutes de spéciales pour faire la différence. Un chrono un peu ‘light’ qui a tout de même suscité quelques remarques dans le paddock, même si la qualité générale du parcours a largement compensé ce manque de temps chronométré.

Willems face au retour inattendu de Warenghien

Dans la catégorie Scratch INTER, Erik Willems s’impose au terme d’une journée parfaitement maîtrisée. Le pilote KTM a rapidement pris les commandes de l’épreuve face à un Maxime Warenghien inattendu pour un retour à Saint-Hubert.En manque de rythme lors des premiers tours, le Champion de Belgique a progressivement retrouvé ses sensations au fil de la journée, jusqu’à signer les deux derniers scratchs. Mais l’écart creusé par Willems en début de course était déjà trop important pour espérer revenir jouer la victoire.Vainqueur du jour, Erik Willems savourait pleinement ce succès :

« Franchement, c’était une super journée qui a bien commencé. Comme la course ne comptait pas pour le championnat de Belgique chez les Inters, on en a profité pour faire quelques tests au niveau du châssis et des suspensions. Bon, ce n’était pas vraiment concluant, mais au moins on a essayé … et surtout, je remporte l’épreuve, donc mission accomplie ! »

Le pilote KTM soulignait également le niveau de son principal rival :

« Je savais que Max allait être solide. Il est peut-être retraité, mais c’est clairement le retraité le mieux préparé que je connaisse ! »

Mais au-delà du résultat, Willems insistait surtout sur le plaisir de revenir rouler en Belgique :

« Ça faisait vraiment plaisir de revenir rouler en Belgique. On roule souvent en France et aux Pays-Bas, où il y a aussi de très belles courses, mais celles en Belgique ont toujours quelque chose en plus. Les liaisons étaient vraiment bien tracées et les spéciales aussi. »

Comme beaucoup de pilotes, il retenait particulièrement la qualité de la SP2 :

« La SP1 était un peu courte, mais la SP2 était franchement presque au niveau d’une spéciale de championnat de France. Un grand bravo au club de Saint-Hubert pour l’organisation, ils assurent toujours. »

Warenghien monte en puissance au fil de la journée

Deuxième du jour, Maxime Warenghien regrettait surtout son manque de rythme en début de course. Le pilote Beta, absent de la nouvelle saison pour cause de ‘retraite’, a mis un peu de temps à retrouver ses automatismes avant de terminer très fort.

« C’était un enduro avec deux très belles spéciales en forêt ardennaise, dignes de spéciales de GP. Lors du premier tour, j’ai eu du mal à trouver le rythme avec beaucoup d’erreurs dans la deuxième spéciale. »

Le pilote Beta a terminé très fort sa journée (Photo : Laura Ciancabilla)

Au fil des tours, les sensations revenaient progressivement :

« Ensuite, j’ai réussi à monter en puissance et à reprendre un peu dans les spéciales, ce qui me manque forcément avec moins d’entraînement que les années précédentes c’est le roulage. »

Le Champion de Belgique regrettait néanmoins le faible temps de chrono proposé sur cette manche :

« Je trouve juste dommage le manque de temps chronométré pour une manche du championnat, avec à peine 21 minutes sur toute la journée, mais je suis content d’avoir signé les deux derniers scratchs. »

Damiaens un retour improvisé

Troisième du scratch, Dietger Damiaens effectuait lui aussi un retour remarqué en enduro malgré une saison 2026 principalement tournée vers le motocross à l’AMPL. Le pilote avouait être revenu sans préparation :

« C’était une décision prise à la dernière minute parce que je roule cette année en motocross à l’AMPL et que la course de cross a été annulée. J’ai juste roulé deux heures le vendredi avant la course pour découvrir un peu la moto. »

Dietger Damiaens faisait son retour en enduro à Saint-Hubert, malgré une saison 2026 essentiellement consacrée au motocross à l’AMPL (Photo : Laura Ciancabilla)

Encore en phase d’adaptation lors du premier tour, Damiaens allait même connaître une chute dans la SP2 :

« Lors du premier tour, je découvrais encore la nouvelle moto et j’ai chuté contre un arbre dans la SP2. »

Mais malgré ce manque de roulage, les sensations revenaient rapidement :

« Pour le reste de la journée, je me suis vraiment bien amusé et j’ai eu de très bonnes sensations sur la moto. Le résultat est plutôt bon avec seulement deux heures de roulage en enduro cette année. Félicitations au club pour ce bel événement. »

Van Hoof surprend pour son retour

Parmi les autres belles surprises du week-end, difficile de ne pas citer le retour de Mathias Van Hoof. Absent de la compétition depuis plusieurs saisons, le Belge est revenu avant tout « pour le plaisir », sans véritable préparation physique.Et pourtant, le pilote signe une superbe cinquième place scratch ainsi qu’un podium en E2.

« Je suis revenu avant tout pour le plaisir. J’attendais ça avec impatience depuis ma dernière participation en 2019. Avec les souvenirs du mondial 2015 en tête, je savais que ce serait une belle journée. »

Sans attentes particulières avant le départ, Van Hoof avouait surtout vouloir mesurer le niveau actuel du championnat :

« Depuis mon arrêt en 2022, je n’ai pratiquement plus fait de préparation physique. J’ai toujours roulé un peu pour le plaisir, mais rien de vraiment compétitif. J’étais surtout curieux de voir le niveau actuel du championnat de Belgique et je ne savais absolument pas où je me situais. »

Au final, la surprise était belle :

« Après le premier tour, j’étais sixième avant de récupérer la cinquième place dans la dernière spéciale. Je termine aussi troisième en E2, ce à quoi je ne m’attendais vraiment pas. »

Mais au-delà du résultat, le Belge retenait surtout l’ambiance particulière de cette édition :

« C’était surtout une superbe journée pour revoir beaucoup d’anciens amis. Voir aussi Dietger, Max et moi revenir rouler un enduro montre à quel point cette course est spéciale. »

Avant de conclure avec humour :

« Comme quoi, les vieux réflexes ne disparaissent jamais… et en enduro, l’expérience reste toujours importante ! »

Martin Robert s’interroge sur le règlement FMB

Septième au scratch, Martin Robert dressait un bilan mitigé de sa journée malgré un résultat solide.

« Malgré deux belles spéciales typées enduro, je ne me sentais pas au top. J’étais fatigué et j’ai un peu subi la journée. Le résultat n’est pas mauvais, mais j’aurais pu et voulu faire mieux. »

Septième au scratch, Martin Robert dressait un bilan mitigé de sa journée malgré un résultat solide (Photo Laura Ciancabilla)

Le pilote belge retenait malgré tout le niveau particulièrement relevé de cette édition grâce au retour de plusieurs pilotes bien connus :

« Voir revenir Mathias, Dietger et Max, c’était vraiment positif pour la catégorie. Ça ajoute du niveau et de la densité au plateau. »

Mais Martin Robert, et d’autres pilotes, s’interrogent sur le règlement actuel de la FMB concernant l’attribution des points aux pilotes étrangers :

« Après trois courses, le classement ne ressemble toujours pas à grand chose pour nous »

Un sujet qui continue d’alimenter les discussions dans le paddock :

« le but est d’inciter les pilotes étrangers à venir rouler chez nous, mais de notre côté, beaucoup pensent surtout que ça pousse les Belges à aller rouler à l’étranger. »

Nicolas Charlier : « Saint-Hubert reste une référence »

Chez les Nationaux, Nicolas Charlier effectuait lui aussi son retour pour une pige très appréciée. Pour le pilote belge, Saint-Hubert reste tout simplement une référence en Belgique :

« Saint-Hubert reste, à mes yeux, le plus bel enduro de Belgique. »

Il soulindait notamment la qualité des liaisons et le caractère très naturel du parcours :

« On a eu très peu de route sur les liaisons, énormément de chemins en forêt et deux très belles spéciales. »

Malgré une météo changeante, les conditions sont restées très correctes tout au long de la journée :

« La pluie a permis de limiter la poussière sans pour autant détruire le terrain. Franchement, c’était vraiment une très belle journée d’enduro. »

Victor Sente se relance dans le championnat Espoirs

Chez les Espoirs, Victor Sente retrouvait les avant-postes après sa casse mécanique lors de la manche précédente à Vouziers. Auteur du scratch dans toutes les spéciales de sa catégorie, le pilote belge s’impose avec près de deux minutes d’avance :

« Je suis vraiment content de mon roulage. Après ma casse à Vouziers, je reprends cinq points au leader du championnat. »

Une performance qui relance complètement la lutte pour le titre :

« Je suis encore à 20 points, donc rien n’est perdu pour le championnat. »

Verstraeten découvre Saint-Hubert avec satisfaction

Du côté des Juniors, Martin Verstraeten (E2) termine 13e de sa catégorie pour sa première participation à l’épreuve de Saint-Hubert.

Issu du motocross et engagé dans sa deuxième année de transition vers l’enduro, le pilote découvrait complètement l’épreuve ardennaise. Il retient avant tout une journée formatrice et globalement très positive, dans un cadre qu’il ne connaissait pas encore.

« C’était une première pour moi à Saint-Hubert. J’avais vraiment hâte de découvrir ce terrain. »

Il souligne notamment la qualité des liaisons, variées et majoritairement tracées en sous-bois, avec très peu de route. Un rythme jugé agréable, malgré des conditions rendues plus délicates par la météo du week-end.

Martin a apprécié les deux tracés forestiers, exigeants et techniques (Photo Laura Ciancabilla)

Côté spéciales, le pilote a apprécié les deux tracés forestiers, exigeants et techniques, notamment avec un terrain devenu plus piégeux après la pluie. La SP2, plus complète, et la SP1, plus sinueuse, ont toutes deux mis les pilotes à l’épreuve.

Martin Verstraeten retient également une organisation bien pensée sur le plan des contrôles horaires, permettant une bonne fluidité avant les spéciales. Une découverte globalement réussie pour le jeune pilote, satisfait de ce premier contact avec l’épreuve.

Le Moto Club MP41 soulagé après plusieurs semaines d’inquiétude

Du côté de l’organisation, le soulagement était évidemment palpable au moment de dresser le bilan de cette édition 2026.

Le président du club MP41 se montrait particulièrement satisfait des retours des pilotes : « Nous avons reçu d’excellents retours concernant le parcours et les spéciales proposées. »

Le club tenait également à remercier les bénévoles et les autorités locales pour leur soutien : « Sans les bénévoles, l’enduro ne pourrait tout simplement pas avoir lieu. »

Photo Laura Ciancabilla

Mais malgré cette réussite, l’organisation reconnaissait avoir vécu plusieurs semaines compliquées à cause du faible nombre d’inscriptions : « À une semaine de l’épreuve, le nombre d’engagés était encore très faible et cela reste toujours très inquiétant pour un organisateur. »

Heureusement, les inscriptions de dernière minute ont permis de sauver l’équilibre financier de l’événement : « Les inscriptions ont doublé dans les derniers jours, ce qui nous permet d’être rassurés sur le résultat final de l’enduro. »

Alors qu’il y a encore quelques semaines, le club MP41 envisageait sérieusement à l’avenir de devoir renoncer à l’organisation de l’épreuve, cette édition 2026 aura finalement pris une autre tournure. Avec un nombre d’inscriptions qui a plus que doublé dans les derniers jours précédant la course, l’épreuve de Saint-Hubert a non seulement été sauvée, mais a surtout rappelé pourquoi cette épreuve reste une référence dans l’enduro belge.

Entre les retours très positifs des pilotes, la qualité des spéciales, les magnifiques liaisons ardennaises et une ambiance qui rappelle les grandes années, cette édition aura prouvé que Saint-Hubert conserve une place à part dans le cœur du paddock. Reste désormais à espérer que cet engouement retrouvé permettra d’assurer l’avenir de l’épreuve et de revoir encore cette manche incontournable du calendrier belge.

Les résultats complets sont disponibles ICI.

Photos : Laura Ciancabilla